Le château, point de départ de l’histoire
Avant les vêtements, avant les silhouettes, avant même le défilé, il y avait une maison. Le Château de la Buzine a été la première source d’inspiration de ce projet. Parce qu’au-delà de son architecture et de son histoire intimement liée à Marcel Pagnol, il nous a donné envie de nous interroger sur ce que signifie réellement habiter quelque part.
Nous avons imaginé la maison comme une métaphore de nos vies. Qu’est-ce qu’on construit ? Sur quelles fondations ? Qu’est-ce qu’on reçoit en héritage ? Qu’est-ce qu’on décide de garder, de transformer ou de laisser derrière nous ?
Et surtout : avec qui choisit-on d’habiter cette maison ? Parce qu’une maison ne se résume jamais à quatre murs. Elle raconte une famille, choisie ou héritée, des souvenirs, des absences, des rencontres, des générations qui se succèdent. Elle raconte les différents schémas dans lesquels nous grandissons et ceux que nous inventons à notre tour.
C’est autour de toutes ces questions que le défilé s’est construit. Nous avons évidemment puisé dans l’univers de Marcel Pagnol, dans son rapport si particulier à l’enfance, à la famille, aux souvenirs et aux lieux qui nous façonnent. Mais nous avons surtout voulu raconter notre propre maison : une maison ouverte, mouvante, imparfaite, dans laquelle plusieurs générations peuvent cohabiter et où chacun peut trouver sa place.
Finalement, construire une collection ressemble peut-être beaucoup à construire une vie : on hérite de certaines choses, on en transforme d’autres, on récupère, on répare, on transmet. Et au milieu de tout cela, on essaie simplement de construire un endroit où l’on se sente chez soi.
Une maison qui porte les valeurs qui nous ont rassemblés à la Slow Fashion Week, et qui sont aussi celles d’Amour Collective et de l’association Futur Collective : l’inclusion, la transmission, le réemploi, le partage et la conviction qu’une autre manière de créer et de vivre ensemble est possible.
Alors cette maison, nous avons voulu la construire à plusieurs. Construire ensemble un futur sans barrières et sans frontières. Un endroit où personne n’aurait à demander la permission d’entrer, où chacun pourrait trouver sa place, apporter son histoire et transmettre quelque chose à son tour.
Un refuge. Un havre de paix. Une maison faite de nos différences plutôt que de nos ressemblances. Parce qu’au fond, le plus important n’est peut-être pas de savoir où l’on habite. Mais de décider, ensemble, dans quel monde nous voulons habiter demain.
