Il y a des pièces que l’on crée. Et puis il y a celles qui finissent par raconter leur propre histoire.
Le 14 juillet 2024, alors que la Flamme Olympique faisait son entrée dans Paris, Daphné Bürki apparaissait sur France 2 dans une silhouette signée Amour Collective.
Sur ses épaules : une veste noire sculptée par près de 800 boutons dorés, tous issus de la seconde main et patiemment assemblés à la main dans notre Atelier normand par plusieurs bénévoles.
Une pièce manifeste, pensée bien avant de savoir qu’elle prendrait place dans l’un des rendez-vous les plus regardés de l’été 2024.
Une veste pensée comme un objet
À l’origine, il y a une matière.
Des boutons chinés, récupérés, oubliés, dont aucun n’est tout à fait semblable à l’autre.
Puis vient le geste : sélectionner, composer, juxtaposer, broder.
La veste se construit par accumulation.
Les boutons deviennent texture, relief, rythme.
Ils ne sont plus de simples éléments fonctionnels : ils composent une surface, presque une matière textile à part entière.
Chaque bouton trouve sa place dans une composition entièrement réalisée à la main. Une manière de travailler qui inscrit la pièce dans une approche proche de l’orfèvrerie, où la précision du geste compte autant que l’idée qui l’a fait naître.
De Londres à Paris
Quelques semaines avant les Jeux Olympiques, la veste est présentée à Londres lors d’une exposition consacrée à la création et au réemploi. Elle y rencontre immédiatement son public : les visiteurs se pressent pour l’essayer.
Puis les réseaux sociaux font le lien.
Daphné Bürki découvre la pièce et son équipe de stylisme contacte Amour Collective. La veste quitte alors l’Atelier pour rejoindre Paris, sans que l’équipe sache encore exactement dans quel contexte elle sera portée.
Le 14 juillet, le mystère se dissipe.
La voilà à l’écran, sur Daphné Bürki, au moment où la flamme olympique arrive dans la capitale.
Et soudain, les centaines de boutons qui avaient été choisis, positionnés et cousus un à un prennent une autre dimension. La pièce imaginée dans notre Atelier se retrouve face à l’un des symboles les plus puissants des Jeux de Paris.
L’Atelier, jusque dans les moindres détails
Cette veste raconte finalement ce qui constitue l’ADN d’Amour Collective : partir de ce qui existe déjà pour lui donner une nouvelle lecture.
Le bouton devient motif.
Le réemploi devient matière créative.
La veste devient terrain d’expérimentation.
Derrière l’image spectaculaire, il y a surtout des heures de recherche, de composition et de travail manuel.
Une création qui ne cherche pas à effacer son histoire, mais à la porter autrement.
Et peut-être est-ce précisément ce qui rend cette veste si particulière : elle n’a pas été pensée pour les Jeux Olympiques.
Elle a simplement été pensée pour être singulière.
Paris lui a offert son décor.
Daphné Bürki, sa silhouette.
Et les 800 boutons, leur moment de lumière.
L’histoire de toute une marque
Avec le recul, cette veste raconte presque à elle seule l’histoire d’Amour Collective.
Il y a d’abord eu l’intuition, puis le travail, les rencontres, les imprévus, les annulations et cette capacité à continuer d’avancer malgré tout. Cassandre l’a raconté à chaud sur le blog de la marque : le contact pour Daphné Bürki, l’excitation, puis l’annulation du projet. Et malgré tout, ce départ pour Paris. Comme si, sans encore le savoir, quelque chose était déjà en train de se jouer.
La suite a dépassé tout ce que nous pouvions imaginer.
La veste est devenue l’étoile d’Amour Collective. Celle qui attire les regards, qui fait parler de l’Atelier et qui, encore aujourd’hui, nous accompagne dans notre développement.
Une pièce devenue bien plus qu’une création : un véritable point de bascule.
Et puis, tout s’est emballé
Après son passage sous les projecteurs, le phénomène prend une ampleur inattendue.
Les boutons commencent à arriver à l’Atelier. Un, puis dix, puis des dizaines. Des personnes viennent spontanément nous déposer ceux qu’elles ont conservés chez elles, parfois depuis des années. Chaque jour, de nouvelles histoires arrivent avec eux.
L’Atelier devient presque un point de collecte improvisé, mais surtout un lieu où chacun peut contribuer à la prochaine création.
Et autour de cette veste, une véritable effervescence se crée. Nous organisons une réception. Les gens viennent nombreux, découvrent la pièce, échangent avec nous, veulent comprendre sa fabrication.
L’engouement devient presque difficile à contenir.
Quand l’Atelier change d’échelle
Puis les sollicitations arrivent de partout.
Des propositions à Hong Kong, des contacts avec de grandes maisons et de grands magasins parisiens, notamment le Printemps Haussmann. Des commandes venues de l’étranger. Des personnes qui découvrent Amour Collective à des milliers de kilomètres de Granville et souhaitent, elles aussi, faire entrer un morceau de l’Atelier chez elles.
Pendant un temps, tout va très vite.
Presque trop vite.
Mais derrière ce qui ressemble à un phénomène soudain, il y a surtout des années de travail, de recherche, de rencontres et de créations. La veste n’a pas créé Amour Collective. Elle a simplement ouvert une porte qui nous a permis d’aller beaucoup plus loin.
C’est peut-être pour cela qu’elle reste si particulière dans notre histoire.
Parce qu’elle est à la fois le fruit de tout ce qui existait déjà et le début de tout ce qui allait suivre.
Une veste pensée à Granville, portée à Paris, regardée dans le monde entier.
Et quelque part, entre ses 800 boutons, il y a toute l’histoire d’Amour Collective.
